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La récolte du bois en mutation

Entretien avec des collaborateurs de l’entreprise forestière de Giswil
(Mederenwald, 16.3.2023)


André Halter:

Nous sommes ici dans la forêt de Mederen près Giswil. Nous faisons une coupe claire. Trois collaborateurs de l’entreprise forestière de Giswil sont sur place. Avec la débardeuse Welte. Il s’agit d’une coupe de bois par traction au sol. Le forestier de district et moi-même avons marqué les arbres à abattre il y a environ un an. Et maintenant, comme l’hiver est là, nous effectuons la coupe selon les plans. On abat surtout du bois de lune. Il est destiné à un constructeur local, qui utilise du bois coupé à la lune décroissante pour ses maisons en bois massif. Nous sommes les principaux fournisseurs de cette entreprise pour laquelle nous abattons près de 15 000 m3 de bois de lune par an, surtout des épicéas et des sapins.

Noel Riebli:

Dans la plupart des cas, je nettoie le tronc, surtout à cause de la mousse parce qu’elle contient des grains de sable, ce qui émousse assez rapidement la chaîne de la tronçonneuse. Ensuite, quand j’ai déterminé la direction de chute, je fais une entaille d’abattage, c’est-à-dire que je scie une encoche horizontale dans l’arbre, j’ai une ligne de visée sur ma scie qui m’indique la direction exacte où l’arbre doit tomber, je le vois précisément sur cette ligne. Ensuite je scie une encoche oblique en partant par le haut et quand les deux encoches se rejoignent, on obtient un triangle, ce qu’on appelle une éclape et qui donne la direction de chute de l’arbre. Là, si j’enfonce la lame de ma scie sur la sole jusqu'au point où le plafond et le plancher de l’entaille se rejoignent, je peux de nouveau contrôler et voir précisément où l’arbre tombera. Pour finir, je vais faire le trait d’abattage, légèrement au-dessus du plancher de l’entaille d’abattage, afin de créer une charnière de basculement, après quoi je taille un talon de retenue dans l’arbre. Si je coupais l’arbre tout de suite, il tomberait là où l’entraîne la pesanteur et la plupart du temps, cela signifie en aval. Il faut toujours peser le pour et le contre avec ce talon. Pas trop car si j’en laisse trop, ça ne fonctionne pas la plupart du temps. Mais pas non plus trop peu, car si j’en laisse pas assez, ça peut vite dévier l’arbre de sorte qu’il rebondit et tombe là où il veut. Et ensuite, comme je l’ai dit, c’est jamais la même chose, ça dépend, il faut bien évaluer l’arbre, voir si je dois encore enfoncer un coin et à la fin recaler l’arbre à la hache ou au merlin, c’est-à-dire introduire le coin en le cognant. Nous avons une débardeuse et on pourrait bien encore utiliser le câble. Le calage est assez fatiguant, surtout quand ça prend du temps, c’est très dur. C’est dur pour le corps.

Lukas Stutz:

Je suis le machiniste. Sur un W 130 Welte. C’est un débusqueur équipé d’une grue. Avec un treuil et deux bobines de câbles d’acier. Deux fois 12 tonnes de force de traction pour chaque bobine. La machine pèse 17 tonnes et elle est équipée d’un moteur Volvo Penta quatre cylindres. Il faut regarder autour de la machine pour ne blesser personne, parce qu’il y a des angles morts. En fait, on voit très bien, mais on ne voit pas tout. Et il faut rester concentré sur son travail. Quelquefois, le soir, c’est la tête qui est fatiguée et non le corps. Dans ce véhicule, j’écoute la radio sauf que, en forêt, la réception n’est pas toujours très bonne, alors j’ai une clé UBS avec toutes sortes de musiques dessus, du ländler au hard-rock.

Noel Riebli:

Nous, le machiniste et les gens qui travaillent dehors à l’abattage, quand on se déplace avec la débardeuse, nous avons toujours sur nous un appareil radio. Je le porte ici, sur la poitrine, comme un harnais. Il est relié par un fil à mon oreille, comme ça j’entends quand ils m’appellent, même s’ils sont en train de scier. Du seul point de vue de la sécurité au travail, c’est le plus important, surtout quand on tire trop ou qu’on tire et qu’on relâche. Communiquer avec le machiniste est quelque chose de très important.

Thomas Riebli:

La tronçonneuse est notre outil principal, à Noel et moi. Il faut en prendre soin. Nettoyer le filtre à air pour qu’elle marche comme il faut. Et puis aussi l’aiguiser, c’est évident, mieux elle coupe, plus on travaille vite, plus on travaille facilement et plus on travaille en sécurité. Il faut aussi faire attention à ne pas scier dans la boue. Et de bien nettoyer l’arbre avant de l’abattre, à l’endroit où on va scier. Oui, c’est le plus important.

Noel Riebli:

Mon grand-père a longtemps travaillé en forêt. Justement avec Thomas. Même mon père a travaillé comme forestier. C’est comme ça que, moi aussi, je me suis embarqué là-dedans, un peu comme une tradition familiale.

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