
Ignatia von Moos prépare la journée de lessive avec Rosa, sa fille, et Marie, sa petite-fille.
Ignatia : Donne-moi une pomme.
Gimmär nu en Epfel uberä.
Marie : Voilà, grand-mère, tu l’attrapes ?
Da, Grosi! chasch fa?
Ignatia : Non, ne la lance pas !
Nei, nid riärä!
Ignatia : Quelle tête en l’air tu fais !
Dui bisch ä Baabä!
Marie : Mais ça a marché !
Isch ämel gangä!
Ignatia : Tu es vraiment bêta !
N’en coupe pas trop ! Une pomme, c’est précieux !
Ä fertigi Zwätschgä bisch!
Tuä de nid z vil abschnydä! So ne Epfel isch eppis wärtvolls!
Marie : Mais pas quand elle est pourrie !
Ämel nid, wenn er fuilä n isch!
Rosa : Allons, remettons-en !
So, Nachschub!
Marie : Non, encore autant ?
Nei, nu einisch ä sefu?
Rosa : Au moins, tu ne t’ennuieras pas. Il y a encore un couteau ?
De wirds diär ämel sicher nid lanwylig. Hets nu äs Mässer?
Rosa : Mère, qu’en penses-tu ? On pourra faire la lessive demain ?
Muäter, was meinsch? Chenid miär more wäschä?
Ignatia : Si le beau temps persiste et que le föhn ne tombe pas, comme à l’automne dernier, quand il a fait tourbilloner et s’emmêler tous les draps.
Wenn s scheenä Wätter ane hed. Und de Feehn nid inä ghyd, wiä im Herbscht s vorder Jahr, wos ys alli Lyntiächer verhudled hed.
Rosa : Oui, alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On fait tremper le linge aujourd’hui ou non ?
Marie, donne-moi une pomme.
Ja, was isch etz? D Wesch hyt nu iiweichä oder nid?
Marie, gimmer nu en Epfel durä.
Ignatia : Tu as parlé aux voisines ?
Hesch mit dä Nachbuirä gredt?
Rosa : Oui, elles viendraient.
Ja, die wärid derby.
Ignatia : Bon, alors je crois qu’on peut tenter le coup.
De glaibi chennt emers ämänd wagä.
Rosa : Marie, tu peux m’aider !
Marie, dui chasch miär de nu hälfe!
Marie : Qu’est-ce que je dois faire ?
Was muesi de nu mache?
Ignatia : Bien trier le lainage, les couleurs et le blanc et tout porter dans la hotte jusqu’au lavoir près de la fontaine du village.
S Wulligä, s Farbigä und s Wiissä scheen uissortierä und mit dä Tschifärä ufä Wäschplätz uisä a Dorfbrunne abä bringe!
Marie : Oui ! Et euh – comment savoir ce qui est quoi ?
Ja! Und ä - wiä merk ich de, was was isch?
Ignatia : Palper et toucher. Rosa va t’aider.
Aalängä und gspyrä. D Rosa hilft diär derby!
Rosa : Et va chercher quelques perches dans la grange.
Und holsch de grad nu äs paar Stäckä us em Gade uisä
Marie : Pour laver ?
Zum Weschä?
Rosa : Non, pour relever les cordes à linge, comme ça nous n’aurons pas à le faire demain.
Nei, zum s Weschsäili uifbockä, de miämer das de morä nimmä machä.
Ignatia : On aura assez à faire demain !
Gid de more nu gnuäg z tuä!
Marie : Qu’est-ce qu’il nous faudra faire ?
Was miämer de nu alles machä?
Ignatia : Tu étais là au printemps, lors de la dernière lessive ?
Bisch doch im Uistagä bi de letschtä Wesch ai derby gsi?
Marie : Euh, oui.
Äh, ja!
Rosa : Ah oui ! ? Tu n’étais pas du tout avec nous ! Tu étais malade, au lit.
Jä so! Bisch doch nid derby gsi. Bisch ja chrank im Bett glägä.
Ignatia : Alors l’année d’avant ?
De halt vor ämänä Jahr.
Marie : Oui, mais là, je ne m’en souviens pas très bien !
Aber da mag ich mich ai nymmä so genai dra bsinnä!
Ignatia : Deux fois par an, avant la journée de lessive, nous enlevons les draps et changeons les chemises sales. Tu vois le seau là-bas ? Juste à côté du fourneau ? Qu’est-ce qu’il y a dedans ?
Zwei Mal im Jahr, eister vor äm Wäschtag, tiänd miär d Bettwesch abzieh und diä dräckigä Hämli uiswächslä. Gsehsch dä Chibel detänä? Näbem Härd zuächä! Was hets det inne?
Marie : De la cendre de hêtre.
Buechenäschä.
Ignatia : C’est ça. Demain matin, vous les enfants, irez chercher de l’eau à la fontaine, vous la vidrez dans la cuve, puis on la fera chauffer et ensuite on ajoutera à l’eau la lessive de cendre.
Genai. Iähr Gofe holid morä am Morgä vom Brunnä Wasser, läärits i Weschhafä, de fammer afe iiheizä, und de chunt diä Äschä inerä Laigä is Wasser inä.
Marie : Mais est-ce que ça ne va pas salir le linge ?
Aber wird de Wesch nid wider dräckigi?
Rosa : Non, tête de linotte, on la tamise d’abord. Trois fois ! Et ensuite, on la fait passer par un linge ! On ne veut pas laver avec de l’eau sale ! Et pour que le linge sente vraiment bon, on ajoute encore à l’eau un peu de résine.
Nei, dui dumms Babehtli, diä wird dänk voredhärä gsibled. Dry malä! Und de nu dur es Tuech dureglah! Miär wend ja nid mit dräckigem Wasser wäschä. Und dass d Wesch de ai richtig guet schmeckt, de tiämer nu ä chly Harz is Wasser inä!
Ignatia : Et qu’est-ce qu’on trempe en premier dans la cuve ?
Und weli Wesch tuäsch etz zerscht i Weschhafä inä ghye?
Marie : Aucune idée.
Kei Ahnig.
Ignatia : Comme pour la vaisselle !
Wiä bim abwäschä!
Rosa : Le linge le plus sale vient en dernier !
Diä Dräckigscht chund zletscht!
Ignatia : Alors ?
Also?
Marie : D’abord les chemises blanches ?
Zerscht diä wiissä Herrähämli?
Rosa : Oui, avec les blouses de nos costumes !
Ja, und de d Trachtäbluisä!
Marie : Après, les draps ?
Nache dhärä d Lyntiächer.
Ignatia : C’est ça. Dans lesquels nous avons dormi près de six mois.
Genai. Simmer etz es halbs Jahr i denä inäglägä.
Rosa : Et après ?
Und de?
Marie : Qu’est-ce qu’il reste ?
Was gits de nu?
Rosa : Les surpantalons et les chemises des armaillis.
D Uberhosä und ai d Hirthämli!
Ignatia : Et à la fin, l’eau est si noire qu’on ne peut même pas laver le sol avec.
Und am Schluss isch de das Wasser ä so choläschwarz, dass es nid emal me chasch zum Bodefäge bruiche.
Rosa : Puis, on rince tout ça encore une fois et on l’étend. Et c’est pourquoi, tu vas chercher les perches dans la grange, pour qu’au moins ça, ce soit fait.
Und de wird alles nu einisch gspiählt und uifghänkt. Drum hol etzt grad nu diä Stäckä us em Gadä, dass de das wenigschtens scho gmacht isch.
Marie : J’y cours !
Bi scho gangä!
Ignatia : Et avant de te coucher, prie pour que le föhn ne tombe pas. Je crois que nous avons oublié ça l’année dernière.
Und vor em is Bett ga, bät de grad nu, dass de Feehn nid inä ghyd. Das hemmer sletscht Jahr glaibi vergässä.
Marie : Bien, je vais le faire !
Guät, machäni!
Ignatia : Tu veux emporter encore une pomme ?
Wotsch nu en Epfel ufe Wäg?
Marie : Pourquoi pas ?
Wärum nid?
Ignatia : Tu attrapes ?
Chaisch fa?
Rosa : Non, surtout ne la jette pas !
Nei, numä nid riärä!
Ignatia : Ça a marché !
Isch doch gange.
Marie : Merci !
Danke!
Rosa : Et si nous avons fini à temps, nous irons voir ce que les autres femmes du village ont étendu. En regardant le linge, on peut voir à quel genre de trousseau on peut s’attendre dans le meilleur des cas.
Und wemmer de zytig fertig sind, de gammer go luägä, was diä anderä im Dorf so uifghänkt hend. A de Wesch chaisch de ja gäbig gseh, mit was fyrnä Uisstyr im beschtä Fall z rächnä isch.